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mises
en jeu, mais un seul ensemble d'énoncés dans des formes linguistiques
différentes. Mieux encore : une information donnée peut être retransmise avec
d'autres mots, avec une syntaxe simplifiée, ou dans un code convenu; si le
contenu informatif et les possibilités d'utilisation sont les mêmes, on pourra
dire que c'est bien ici et là le même énoncé.
Là
encore, il ne s'agit pas d'un critère d'individualisation de l'énoncé; mais
plutôt de son principe de variation : il est tantôt plus divers que la
structure de la phrase (et son identité est alors plus fine, plus fragile, plus
facilement modifiable que celle d'un ensemble sémantique ou grammatical),
tantôt plus constant que cette structure (et son identité est alors plus large,
plus stable, moins accessible aux variations).
Bien plus : non seulement cette
identité de l'énoncé ne peut pas être une fois pour toutes située par rapport à
celle de la phrase, mais elle est elle-même relative et oscille selon l'usage
qu'on fait de l'énoncé et la manière dont on le manipule.
Quand on utilise un
énoncé pour en faire ressortir la structure grammaticale, la configuration
rhétorique ou les connotations dont il est porteur, il est évident qu'on ne
peut pas le considérer comme identique dans sa langue originale et
dans
sa traduction. En revanche, si on veut le faire entrer dans une procédure de
vérification expérimentale, alors texte et traduction constituent bien le même
ensemble énonciatif. Ou encore, à une certaine échelle de la macro-histoire, on
peut considérer qu'une affirmation comme « Les espèces évoluent » forme le
même énoncé chez Darwin et chez Simpson;
à un niveau plus fin et en considérant
des champs d'utilisation plus limités (le « néo-darwinisme » par opposition au
système darwinien proprement dit), on a affaire à deux énoncés différents. La
constance de l'énoncé, le maintien de son identité à travers les événements
singuliers des énonciations, ses dédoublements à travers l'identité des formes,
tout cela est fonction du champ
d'utilisation dans
lequel il se trouve investi.
On
voit que l'énoncé ne doit pas être traité comme un événement qui se serait
produit en un temps et en
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